Sylvaine Helm - Rauzy
Naturopathe - Nutritionniste Paris 17e

Alimentation

La vitamine D fait partie des vitamines liposolubles, c’est à dire solubles dans le gras au même titre que les vitamines A, E et K. Elle est en fait plus qu’une vitamine, c'est une véritable préhormone. Présente dans certains aliments comme l'huile de foie de morue et certains poissons gras, elle est cependant en majeure partie synthétisée dans le corps, après exposition de la peau aux rayons UVB du soleil.

Historiquement, la vitamine D a été découverte au début du 20e siècle, dans l'huile de foie de morue, comme facteur anti-rachitisme et c'est en 1937 que sa synthèse par la peau, à partir du déhydrocholestérol et sous l'action des rayons UVB du soleil, a été mise en évidence.

Si sa principale fonction biologique, connue de longue date, est de favoriser l'homéostasie des taux sanguins d'ions calcium et phosphate, ce qui est fondamental pour le métabolisme osseux, elle joue d'autres rôles fondamentaux identifiés récemment, 10% des gènes du génome humain sont en effet influencés par la vitamine D :

Cette vitamine est tout d’abord essentielle dans le métabolisme osseux où elle joue un rôle prépondérant dans l'absorption du calcium et la stimulation de la construction de l'os par les ostéoblastes.

La vitamine D joue par ailleurs un rôle majeur lors de la grossesse. Elle affecte la méthylation de l'ADN et donc la régulation épigénétique. Sa carence entraine des risques sur la santé future du bébé tout au long de sa vie (risques cardio-métaboliques, problèmes d'allergies, d'asthme, eczéma et hypersensibilité...).

Les cellules musculaires ont également des récepteurs à la vitamine D. Celle-ci exerce un effet trophique sur le muscle, tant au niveau de sa morphologie que de sa fonction. Elle est donc fondamentale pour les performances athlétiques, la prévention des chutes, la prise en charge de la sarcopénie et la santé du muscle cardiaque.

La vitamine D est par ailleurs une hormone de l'immunotolérance. Elle favorise les lymphocytes T régulateurs qui ont pour rôle la modulation du système immunitaire, d'où son importance fondamentale dans les maladies auto-immunes. Elle supprime par ailleurs la production d'IgE (Immunoglobulines de type E), responsables de l'allergie vraie ou hypersensibilité de type I et diminue la sévérité de l'asthme. Elle aurait également des effets protecteurs au cours des infections ORL et entériques, régulant à la hausse l'expression des cathélicidines (véritables "antibiotiques" naturels) dans les macrophages.

Un taux de vitamine D bas est un facteur de risque de maladies et de mortalité cardiovasculaires. La vitamine D stimule en effet l'expression des récepteurs à l'insuline et le transport du glucose, un taux bas peut entrainer une résistance à l'insuline, pouvant évoluer en syndrome métabolique, obésité et diabète de type 2, dont une des complications est effectivement d'augmenter le risque cardiovasculaire. Une vitamine D basse induit par ailleurs une hausse de la parathormone, une élévation de la rénine et de l'angiotensine, une calcification vasculaire, entrainant la hausse de la pression artérielle, facteur de risque cardiovasculaire.

La vitamine D a également un effet trophique sur les neurones. Diverses études ont mis en avant une corrélation entre un bon taux de vitamine D et un vieillissement cérébral harmonieux ainsi qu'une diminution du risque de maladies neuro-dégénératives. On a de plus mis en évidence le rôle de cette vitamine dans le contrôle du cycle cellulaire, l'augmentation de l'apoptose (ou mort cellulaire programmée), l'inhibition de la prolifération et la diminution de la néo-angiogenèse des cellules cancéreuses.

Enfin un autre rôle identifié et non des moindres, la vitamine D joue un rôle majeur dans la fertilité masculine et serait un facteur de protection contre l'endométriose.

Nous ne sommes pas tous égaux face à la synthèse de vitamine D, compte-tenu du polymorphisme génétique sur les enzymes mises en jeu au niveau du foie et des reins. En fonction de l'identité polymorphogénétique, les besoins en vitamine D seront donc différents. Par ailleurs, notons que le fer est indispensable pour assurer le métabolisme de cette vitamine, toute carence en fer sera donc délétère de ce point de vue là également.

Liposoluble, le vitamine D s'accumule dans la graisse et les tissus adipeux, il est donc très important de complémenter les personnes grasses bien au-delà des doses recommandées. C'est pourquoi aussi la vitamine D doit être prise avec du gras et non pas à jeun avec de l'eau.

L'étude Su Vi Max a mis en évidence que près de 80% de la population française était carencée en vitamine D, d'où l'absolue nécessité de se supplémenter entre octobre et avril. Il est bien sûr nécessaire d'en doser de temps en temps le taux sanguin pour s'assurer de sa bonne absorption et le cas échéant ajuster la complémentation.

Cet article a été rédigé suite au séminaire sur la vitamine D de l'éminent Professeur Vincent Castronovo, M.D., Ph.D., mon maître en Médecine Nutritionnelle et Fonctionnelle que je salue et remercie vivement.


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