La Mycothérapie clinique et scientique
La Mycothérapie est l’utilisation thérapeutique des champignons médicinaux.
Ceux-ci sont utilisés depuis des millénaires, en Chine (grand traité Shen Nong Ben Cao du début de notre ère) mais aussi dans la Grèce et la Rome antique (on a retrouvé des traités de médecine les mentionnant) et même à l’âge de pierre aux côtés de la momie d’Ötzi, « homme des glaces » dans les Alpes. Ils font par ailleurs partie depuis des siècles de la pharmacopée en Turquie, Sibérie, Pologne, Hongrie et Amérique du sud.
La Mycothérapie moderne et scientifique s’est ensuite développée dans la deuxième moitié XXe siècle, étayée par des études cliniques et la découverte des nombreuses molécules actives responsables des propriétés thérapeutiques.
Chaque champignon peut en effet contenir des centaines de molécules bioactives tels que les bêta-glucanes (polysaccharides prébiotiques et immunomodulateurs), les triterpènes (actions anti-inflammatoire, antioxydante et antivirale), les protéogycanes (fonctions immunomodulatrices et antitumorales), les stérols (provitamine D2, antioxydants), certaines lectines immunomodulatrices, des vitamines, minéraux, acides gras et acides aminés.
Il existe par ailleurs des molécules très spécifiques donnant aux champignons qui les contiennent des propriétés uniques et puissantes : la cordycépine du Cordyceps sinensis aux propriétés énergisantes augmentant la résistance et l’oxygénation lors de l’exercice physique, les érinacines et héricénones d’Hericium erinaceus (crinière de lion), réparateurs de la muqueuse intestinale, stimulants du facteur de croissance neuronale et de la myélinisation des neurones…
Leur utilisation en tant que compléments alimentaires nécessite cependant certaines précautions :
Les champignons étant de véritables éponges vont absorber tous les toxiques et métaux lourds présents dans le sol ainsi que d’éventuels engrais et pesticides. L’importance du milieu dans lequel ils vont pousser (non pollué, aux conditions d’ensoleillement et d’humidité optimales) ainsi que leur maturité au moment de la récolte vont conditionner leur qualité et leur innocuité.
Le mode d’extraction et une forme galénique adaptés vont ensuite optimiser la teneur et la biodisponibilité des principes actifs des produits finis et garantir une action thérapeutique optimale. Des études ont par ailleurs mis en évidence l’absence de modification enzymatique, en ce qui concerne notamment les cytochromes P450 hépatiques, aux doses normales recommandées, ce qui les rendent sûrs d’utilisation conjointement à des médicaments.
Les principaux champignons que je conseille sont le Reishi (champignon de la jeunesse éternelle et de l’immortalité, stress, inflammation, sommeil, immunité), le Cordiceps (énergie, immunité), le Chaga (grand antioxydant, équilibre métabolique), l’Hericium (axe intestin-cerveau), le Shiitaké (immunité, action antivirale, soutien métabolique), le Maïtaké (défenses naturelles et soutien métabolique), le Polypore (action diurétique et protecteur rénal), l’Agaricus blazei ou champignon du soleil (contexte allergique ou auto-immun), la Pleurote.
Ils sont issus de cultures bio strictement contrôlées et présentent toutes les garanties possibles en terme d’innocuité, de teneur en principes actifs et de forme galénique optimales.
En conclusion, la Mycothérapie clinique et scientifique moderne a permis de valider les utilisations ancestrales des champignons médicinaux et d’en accroître l’efficacité compte tenu des nouvelles formes galéniques sophistiquées. Elle a une place de choix dans la prise en charge globale de la santé par une action très complémentaire de celles de la Phytothérapie et de la Micronutrition.